
La violence conjugale est un phénomène complexe qui requiert une
action concertée de la part des différents intervenants pour venir
en aide aux victimes et contribuer au traitement des conjoints
violents comme le prévoit la Politique d’intervention en matière de
violence conjugale : Prévenir, dépister, contrer la violence
conjugale.
Cette forme de violence ne peut, en aucun cas, être considérée comme
un conflit d’ordre privé et, s’il faut certes chercher des solutions
à cet état de fait, il est nécessaire de condamner énergiquement
cette forme de violence pour qu’il soit su que la société ne tolère
pas sa banalisation. Dès lors, le poursuivant doit intervenir et
autoriser le dépôt d’une dénonciation lorsque la preuve révèle qu’il
y a eu infraction.
Le fait que la victime ne désire pas porter plainte ne saurait être
un élément déterminant à la décision de poursuivre lorsqu’une preuve
indépendante est disponible; la nécessité de réprouver publiquement
ce type de violence et de faire en sorte que son auteur subisse une
peine appropriée à la gravité de sa conduite doit alors avoir
préséance.
En matière de violence conjugale, le poursuivant ne doit consentir
qu’avec circonspection à un plaidoyer de culpabilité sur une
infraction incluse ou sur toute autre infraction. En outre, quand
une infraction criminelle a été commise, la perspective de peines
sévères ou d’un dossier judiciaire avec les conséquences que cela
peut comporter pour l’accusé ne saurait justifier le poursuivant de
requérir une ordonnance de garder la paix contre le contrevenant
plutôt que de porter l’accusation qui s’impose. En effet, lorsque la
preuve disponible révèle la commission d’une infraction, la mesure
prventive prévue au Code criminel quest l’engagement ne pas
troubler la paix ne devrait pas, sauf exception, remplacer une
poursuite ni un plaidoyer de culpabilité.