
Les agressions sexuelles s’inscrivent dans la catégorie de crimes
graves contre la personne du fait que, non seulement elles mettent
en péril la vie et la sécurité des victimes, mais encore en raison
des conséquences néfastes qu’elles entraînent pour leur
développement, leur santé et leur bien-être. Elles s’inscrivent
parmi les crimes qui découlent de l’exercice inacceptable d’un
pouvoir de domination d’une personne sur une autre au détriment de
l’exercice de ses droits à l’égalité et à la sécurité.
En tant qu’intervenant de première ligne dans le système judiciaire,
le poursuivant est à même de favoriser la mise en œuvre de mesures
destinées à contrer la perpétration de ces crimes. Suivant les
Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle, il
lui revient de s’assurer de la cohérence de ses recommandations
concernant les conditions imposées à l’agresseur à toutes les étapes
du processus judiciaire et de s’assurer que les recommandations
liées à la détermination de la peine tiennent compte de la sécurité
et du point de vue des victimes quant aux conséquences du crime sur
leur vie. Il doit également se rappeler que la peine doit répondre
notamment à deux impératifs : dénoncer le caractère inacceptable et
criminel de l’agression sexuelle et accroître la confiance des
victimes et du public dans l’administration de la justice. Aussi,
lors de leurs représentations sur la peine, les procureurs doivent
s’assurer que le Tribunal dispose des éléments nécessaires pour lui
permettre d’imposer une peine représentative de la gravité des faits
survenus et ce, d’autant plus, lorsqu’il sagit d’une récidive.
Par ailleurs, en ce qui concerne la remise en liberté d’un accusé,
les procureurs doivent évaluer le risque de rcidive que présente
cette personne ainsi que des dangers qui peuvent en résulter. Ils
doivent donc toujours considérer la préservation de la sécurit du
public, particulièrement celle des victimes et des témoins de
l'infraction, comme facteur prédominant dans la décision de
s’objecter à la remise en liberté ou de suggérer au tribunal des
conditions de remise en liberté.
Pour veiller au respect de ces orientations, le directeur des
poursuites criminelles et pénales doit s’assurer que, dans chacune
des directions régionales, des procureurs aux poursuites criminelles
et pénales bénéficient d’une formation spécifique en matière
d’agression sexuelle.
Les infractions de capacité de conduite affaiblie par la drogue ou
l'alcool, et particulièrement le problème des récidivistes en cette
matière, constituent un fléau dans notre société qui met en danger
la vie et la sécurité des citoyens. Dans le processus de
représentation sur la peine, les procureurs doivent souligner la
gravité particulière de ces infractions et de son impact social et
doivent faire des suggestions au tribunal qui sont représentatives
du caractère aggravant de ces infractions et qui visent surtout
l'exemplarité.
Par ailleurs, concernant la remise en liberté d'un récidiviste en
cette matière, les procureurs doivent être conscients de la facilité
avec laquelle ces personnes peuvent récidiver et ainsi représenter à
nouveau un danger pour le public. Ils doivent donc toujours avoir en
tête la préservation, de la sécurité du public comme facteur
prédominant dans la décision de s'objecter à la remise en liberté ou
de suggérer au tribunal des conditions de remise en liberté.