
Si la décision de poursuivre une personne devant les tribunaux
pour une infraction est très lourde de conséquences, celle qui
consiste à déterminer quelles accusations doivent être autorisées,
l’est également.
Le poursuivant doit choisir les accusations qui reflètent le mieux
la gravité de la conduite du contrevenant. Il ne doit porter que les
accusations qui, selon son appréciation faite de bonne foi, se
fondent sur une preuve suffisante pour amener une condamnation. En
principe, les chefs d’accusation doivent refléter le nombre
d’infractions perpétrées par l’accusé. Le poursuivant ne doit pas
porter des accusations dans le seul but de négocier l’obtention d’un
plaidoyer de culpabilité à certaines d’entre elles ou à une
infraction moins grave. Il doit également s’abstenir de porter un
nombre excessif d’accusations relativement à une même affaire.
En règle générale, dans le cas d’infractions criminelles, si
plusieurs infractions sont commises lors d’un même événement, le
poursuivant portera les chefs d’accusation nécessaires pour
permettre au tribunal de faire une juste appréciation de l’événement
et, si possible, il regroupera tous les chefs d’accusation
pertinents dans un même acte d’accusation.
De même, si le cas le justifie, il devra porter plusieurs
accusations soit pour éviter qu’un acquittement sur l’accusation la
plus grave permette au contrevenant de se soustraire entièrement à
la justice, soit pour permettre au tribunal d’imposer la peine la
mieux appropriée à l’action criminelle ou à l’infraction à laquelle
s’est livré le contrevenant.